Interview

Maha Haddioui : « Je n’ai jamais passé autant de temps sans jouer au golf »

Maha Haddioui : « Je n’ai jamais passé autant de temps sans jouer au golf »

17e au classement du Ladies European Tour, la proette Maha Haddioui réalisait jusqu’ici l’une de ses plus belles saisons sur le circuit. Avec l’avènement du COVID-19, elle s’est confinée chez elle à Agadir. Nous sommes allés à sa rencontre.

 

 

Où vous a trouvé l’annonce de la fermeture des frontières à cause du COVID-19 ?
J’étais à l’Open d’Afrique du Sud et j’ai eu la chance de rentrer à temps sur l’un des derniers vols à destination du Maroc.

Comment avez-vous vécu le confinement ?
De retour au Maroc le 15 mars, je suis restée confinée à la maison. C’est long. Cela fait trois mois que ça dure. D’un côté, cela permet de passer du temps en famille, ce qui ne m’était plus arrivé depuis longtemps. D’un autre, c’est difficile parce que depuis que j’ai 13 ans, je n’ai jamais passé autant de temps sans jouer au golf. Ce n’est pas facile à vivre mais je pense qu’il y a des gens qui sont dans des situations plus graves. Il faut faire avec.

Le confinement ne vous a pas empêché de vous entraîner. Qu’avez-vous travaillé ?
J’ai fait beaucoup d’entraînement physique et beaucoup de cardio pour la simple raison que mon corps avait l’habitude d’être actif. Avec le fait de rester à la maison toute la journée, il fallait vraiment que je fasse beaucoup d’exercice pour rester en forme.
Côté golf, j’ai fait pas mal de putting sur un tapis dédié que j’ai à la maison. Pour garder le swing un peu dérouillé, j’ai installé un filet de practice en bas de chez moi et je tape des balles. Le seul hic, c’est qu’au final, on n’a pas le feedback de la balle. J’ai eu la chance de pouvoir emprunter un Trackman et cela m’a beaucoup aidée parce qu’il permet d’avoir pas mal d’informations. J’ai aussi un FlightScope Mevo qui donne quand même quelques informations. Mais encore une fois, c’est difficile quand on ne voit pas la balle voler et les trajectoires.
J’ai toujours fait des swings après mes séances de gym parce que très souvent, quand on fait de la préparation physique, le corps bouge un peu et c’est important de relier cela au swing de golf. Les sensations ne sont pas les mêmes qu’avec une vraie balle de golf mais c’est important de garder le corps en mouvement.

Qu’avez-vous prévu de faire en premier au niveau golfique, après le confinement ?
Je pense que je ferais une heure de practice à Tazegzout Golf, une demi-heure de putting et j’irais directement sur le parcours. Ce n’est peut-être pas la chose la plus intelligente à faire mais ça me manque tellement de jouer sur un parcours que cela va être la première chose que je vais faire.

Avez-vous une idée précise sur votre calendrier de compétitions post-confinement ?
Je crois qu’il va falloir attendre pour pouvoir parler d’un véritable programme pour le reste de la saison. Mais des tournois, il y en aura. Combien ? Et quand ? On ne le sait pas encore. On a fait beaucoup de réunions avec les joueuses et le staff du Ladies European Tour et tout dépendra de l’évolution de la situation. Il y a des pays où tu peux voyager, d’autres non. On ne sait toujours pas comment cela va se passer au niveau du Maroc, ou comment tout cela va se passer tout simplement. Je pense que tout ce que l’on faisait avant et qui avait l’air simple ne le sera plus forcément. Je crois qu’il va y avoir beaucoup plus de procédures avant de voyager…

Quelle appréciation faites-vous du Fonds de solidarité qui a été lancé par l’ATH et la Fédération pour soutenir les caddies et ceux qui travaillent dans les golfs ?
C’est vraiment génial ! C’est une initiative qui est à l’image de tout ce qui s’est fait au Maroc pour aider les gens qui sont dans une situation délicate. J’avais d’ailleurs fait une vidéo sur Instagram pour parler de cette initiative. Cela ne reflète pas seulement ce que font l’ATH et la Fédération. Cela reflète toute une culture de partage et de générosité de tout un pays.
Je connais tous les caddies et tous les staffs des golfs où j’ai évolué et ce sont des gens qui m’ont beaucoup apporté. Je pense que c’est tout à fait normal de contribuer à les aider. C’est une action très louable de la part de la Fédération et de l’ATH.

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