OSTÉOPATHE, ACUPUNCTEUR, KINÉSITHÉRAPEUTE OU TRAUMATOLOGUE ? CES DISCIPLINES SEMBLENT SE RECOUPER, MAIS CHACUNE A SES SPÉCIFICITÉS. NOUS AVONS RÉUNI DES EXPERTS POUR FAIRE LA LUMIÈRE SUR CES APPROCHES ET MIEUX VOUS AIDER À COMPRENDRE VERS QUI VOUS ADRESSER,
SELON VOS BESOINS.
TRAUMATO, LE PREMIER RECOURS EN CAS DE BLESSURE SÉRIEUSE
Si vous ressentez une douleur soudaine après un mouvement brusque, comme un swing mal exécuté ou un faux pas, c’est vers lui que vous devriez vous tourner en premier. Son rôle est d’identifier rapidement s’il y a une lésion importante, comme une fracture, une entorse ou une déchirure musculaire. En tant que spécialiste des blessures liées aux chocs et aux traumatismes, le traumatologue va diagnostiquer la gravité de la situation et vous orienter vers le traitement le plus approprié, qu’il s’agisse d’une immobilisation, de la rééducation ou, dans certains cas, d’une intervention chirurgicale. Ne pas consulter rapidement un traumatologue peut entraîner des complications à long terme, surtout si vous continuez à solliciter les zones atteintes. Dr. Kacem Alaoui, traumatologue et médecin du sport, va nous éclairer sur les blessures les plus fréquentes chez les golfeurs et nous expliquer à quel moment il est crucial de consulter un spécialiste pour éviter les complications.
Quelles régions du corps sont les plus ex- posées chez les golfeurs et pourquoi ?
Dr Kacem Alaoui : Les régions du corps les plus exposées chez les golfeurs sont le dos, le coude, l’épaule et le poignet. Ces blessures sont souvent liées au swing qui sollicite in- tensément ces zones. Des facteurs tels que le manque d’entraînement, un excès de sol- licitation ou même l’âge, peuvent exacerber ces problèmes. Il est essentiel de prêter at- tention à ces zones pour prévenir les blessures et améliorer la performance sur le terrain.
En tant que médecin du sport, quel est le premier diagnostic que vous posez lors- qu’un golfeur ressent une douleur dans l’une de ces régions ?
Dr Kacem Alaoui : Lorsqu’un golfeur ressent une douleur dans l’une de ces régions, les diagnos- tics initiaux que je considère incluent des tendinites de l’épaule, le golf elbow, des en- torses du poignet dues à un traumatisme brutal ainsi que des lombalgies aiguës ou chroniques. La première étape est de consul- ter un traumatologue qui saura poser le bon diagnostic et orienter le patient vers le trai- tement approprié. Cela peut impliquer une prise en charge par le traumatologue lui- même ou une approche multidisciplinaire, incluant kinésithérapie et ostéopathie.
Expliquez-nous la différence entre une dou- leur chronique et une douleur aiguë ?
Dr Kacem Alaoui : Une douleur chronique per- siste sur une longue durée, voire plusieurs semaines, plusieurs mois. Elle peut indiquer une origine dégénérative comme l’arthrose, par exemple. Face à cette douleur, il est crucial de poser un diagnostic précis et réaliser un bilan pour comprendre la cause sous-jacente. À partir de là, nous pouvons décider de la prise en charge, qui pourra inclure une période de repos. Avant de revenir sur le parcours, le gol- feur devra se préparer avec l’aide d’un kiné, éventuellement d’un ostéopathe pour renfor- cer sa sangle abdominale et ses muscles para vertébraux. La perte de poids sera également recommandée si nécessaire. Les douleurs chroniques peuvent être traitées avec des antalgiques et anti-inflammatoires. En re- vanche, une douleur aiguë se manifeste bru- talement, comme un tour de reins ou un lumbago causé par un mouvement inappro- prié ou un traumatisme. Dans ce cas, si au- cune lésion sous-jacente n’est détectée, la guérison pourra survenir en 2 à 3 jours, avec un traitement prescrit par le médecin. Cela pourrait éventuellement être considéré comme une entorse des articulations inter- vertébrales de la région lombaire, entraînant une contracture musculaire. Il est donc essentiel de prévenir une récidive en analysant la cause de cette douleur. Dans les deux cas, il est important de bien s’échauf- fer avant de commencer un parcours.
Qu’est-ce qu’il ne faut surtout pas faire dans un moment de douleur chronique ou aiguë ?
Dr Kacem Alaoui : Il est crucial de ne pas croire que la douleur va disparaître d’elle-même. Ignorer sa douleur en espérant qu’elle s’es- tompe est une erreur. Si une douleur survient une fois, il y a de fortes chances pour qu’elle se reproduise. Il faut très vite consulter un mé- decin pour obtenir un diagnostic approprié et mettre en place un plan de traitement. Ne pas agir face à la douleur peut aggraver la situation et mener à des complications à long terme.
OSTÉOPATHIE ET KINÉSITHÉRAPIE
COMMENT PEUVENT-ELLES AIDER ?
Souvent confondues, l’ostéopathie et la kinésithérapie jouent des rôles complémentaires. L’ostéopathie aide à traiter les déséquilibres responsables des inconforts. Si vous ressentez une gêne récurrente après plusieurs parties de golf, l’ostéopathe peut identifier les tensions dues à votre posture ou à des mouvements répétitifs et les corriger pour restaurer une meilleure mobilité. De son côté, la kinésithérapie s’attache à la rééducation et au renforcement musculaire. Si vos symptômes proviennent d’une faiblesse musculaire ou d’une récupération incomplète après une blessure, le kiné vous accompagnera pour renforcer les zones sollicitées et éviter que ces troubles ne reviennent. Ahmed Haouli, ostéopathe et kinésithérapeute, nous explique comment ces deux disciplines travaillent en synergie pour traiter efficacement les douleurs des golfeurs.
Quelle est la différence entre l’ostéopathie et la kinésithérapie dans le traitement des douleurs articulaires ?
Ahmed Haouli : La kinésithérapie et l’ostéopathie jouent un rôle clé dans le suivi des sportifs de haut niveau. Avec des approches complémen- taires, le kinésithérapeute se concentre sur la rééducation des blessures une fois qu’un dia- gnostic médical a été posé. Il travaille sur la zone affectée pour en restaurer la fonctionna- lité et accompagne le patient, jusqu’à son re- tour au sport. L’ostéopathe, quant à lui, adopte une approche plus globale. Son objectif est de rétablir l’harmonie fonctionnelle de l’ensemble du corps. En complément de la kinésithérapie, il intervient non seulement pour optimiser la guérison des blessures, mais aussi pour pré- venir leur apparition. Pour ma part, je me suis formé dans ces deux disciplines afin d’aug- menter les chances de guérison de mes pa- tients et leur offrir un accompagnement com- plet, aussi bien dans le traitement que dans la prévention.
Comment ces pratiques peuvent-elles améliorer les performances d’un golfeur tout en réduisant le risque de blessure ?
Ahmed Haouli : Le golf, bien que souvent perçu comme un sport moins exigeant physique- ment, peut entraîner des blessures fréquentes comme des tendinites, des lumbagos, ou en- core des lésions musculaires. Dans ce contexte, la kinésithérapie et l’ostéopathie jouent un rôle central dans la prévention et l’amélioration des performances. Le kinésithérapeute intervient d’abord en cas de blessure pour soulager la douleur et l’inflammation grâce à des tech- niques de physiothérapie et de massage. Une fois la phase aiguë passée, l’ostéopathe prend le relais pour corriger les compensations que le corps a mises en place pour s’adapter à la lésion d’origine. Cela permet de restaurer l’équi- libre articulaire et musculaire. En fin de traite- ment, le kinésithérapeute se concentre sur le renforcement des zones affaiblies par la bles- sure et prépare le golfeur aux mouvements spécifiques de son sport. Chaque discipline sportive présente des mouvements particuliers, et donc des risques de blessures spécifiques. Les thérapeutes travaillent ensemble pour identifier les causes des blessures, les corriger et également optimiser la gestuelle du golfeur afin d’améliorer ses performances tout en ré- duisant un risque de récidive.
Quel rôle les professionnels de la santé jouent-ils dans le suivi des golfeurs et des sportifs au Maroc et comment peuvent-ils les sensibiliser à l’importance de la prévention des blessures ?
Ahmed Haouli : Au Maroc, les golfeurs et les sportifs en général sont souvent peu à l’écoute de leur corps. Ils peuvent ignorer des blessures ou des douleurs pendant des années, jusqu’à ce que celles-ci deviennent handicapantes. C’est pourquoi il est essentiel d’être présent aux côtés des sportifs, notamment lors des compétitions afin de les sensibiliser sur l’im- portance de prendre soin de leur santé. Au-delà du traitement des blessures, nous sommes aussi des partenaires clés dans l’amélioration de leurs performances. En les accompagnant régulièrement, nous pouvons prévenir les pro- blèmes avant qu’ils ne deviennent graves et les aider à atteindre leur plein potentiel.