MCILROY SUR UNE AUTRE PLANETE
L’Irlande du Nord peut être fière. Cette enclave britannique sur l’île d’Emeraude s’est payé le luxe de gagner deux années de suite l’US Open. Cette deuxième levée du grand chelem qui avait échappé depuis quarante ans aux Européens avait déjà souri l’an passé à Graeme McDowell avant de consacrer Rory McIlroy en juin dernier. C’est sur le parcours du Congressionnal, près de Washington, que le jeune prodige de 22 ans a éclaboussé le monde de son talent. Comme Tiger Woods en 2000 à Pebble Beach, McIlroy a fait cavalier seul, écœurant la concurrence qui n’avait plus d’autres solutions que de se déchirer pour la seconde place.
Car cette semaine-là, Rory McIlroy a battu tous les records. Plus jeune joueur depuis 87 ans et la victoire de l’amateur Bobby Jones en 1923, plus bas score sur quatre tours avec 268 (-16), etc. En tout, le jeune prodige d’Holywood, en Irlande du Nord (à ne pas confondre avec le Hollywood du cinéma) a battu douze records de l’US Open !
Cette performance n’est une surprise pour personne. Même si cet ancien n°1 mondial amateur défraye la chronique des tournois du grand chelem depuis un an. L’an dernier, à l’Open britannique à Saint Andrews, il prend la tête du premier tour avec un 63, égalant du coup le score le plus bas dans un majeur, et s’effondre au second avec un 80 dans les bourrasques écossaises. Un mois plus tard à l’USPGA, il se montre plus consistant et finit 3e à un coup du play off. En avril dernier, il est un confortable leader du Masters et semble se diriger vers sa première victoire majeure quand un drive mal ajusté au trou n°10 d’Augusta est le début d’une longue série de catastrophes. De leader, l’Irlandais du Nord glisse finalement au-delà de la 20e place. D’autres champions en auraient été mentalement détruits pour de longues années. Pas Rory McIlroy qui apprend très vite de ses échecs.
Cette fois, il n’a laissé aucune place au doute. Ses cartes durant quatre jours ne comptent que trois bogeys et un double bogey. Tout le reste n’est que par et birdies. Quand on connait la difficulté des parcours de l’US Open, on ne peut être qu’admiratif. Même dans le dernier tour, il n’a jamais faibli. Ses quatre tours sous le par ont été un modèle du genre. La meilleure preuve est son tee shot au 10 lors du dernier tour. Sur ce très délicat par 3 ceinturé par la foule, Rory a tapé un coup de fer à 20 cm du trou, laissant admiratif son partenaire du jour, le redoutable et impassible Coréen, Y. E. Yang. Mais la performance de Rory McIlroy ne doit pas faire de l’ombre à un autre petit génie du jeu, l’Australien Jason Day, 23 ans. Même s’il comptait huit coups de retard, à l’issue du tournoi, sa deuxième place fait suite à une autre deuxième place au Masters. Le monde du golf tient un autre Mozart du golf. Dommage que Tiger Woods, forfait pour soigner un genou délicat, n’a pu se confronter à ses nouveaux génies du swing destinés à lui succéder dans l’histoire du golf.

Rory McIlroy

L'autralien Jason Day classé 2ème

Le Coréen Y. E. Yang classé 3ème

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