Thomas Levet
«C'était ma Ryder Cup»
L’édition 2011 de l’Alstom Open de France avait un caractère spécial. Officiellement, le parcours de l’Albatros du Golf National était pour la première fois celui de la Ryder Cup 2018. Même si les pros l’avaient plébiscité, il devait une nouvelle fois passer le test auprès des meilleurs joueurs européens. Le score final du vainqueur à sept coups seulement sous le par démontrait la difficulté de ce stadium course, taillé aussi bien pour le stroke play que pour le match play.
Spécial aussi car le vainqueur de cette édition était Français. Et qui plus est, l’ambassadeur n°1 de la candidature française à la Ryder Cup, celui qui avait fait danser la ministre des Sports, Chantal Jouanno, à l’annonce de la victoire française le 17 mai dernier lors de l’attribution de la Ryder Cup. Thomas Levet était donc le vainqueur idéal. Il n’était pourtant pas le favori. Rarement à l’aise sur ce parcours, Levet avait souvent signifié qu’il ne saisissait pas toutes les subtilités de ce 18 trous, oscillant entre l’architecture des links écossais et des «target golfs» à l’américaine. En revanche, son nouveau caddy argentin avait le parcours «dans l’œil». «Sur les greens, il m’a donné toutes les lignes de putt. Je lui ai fait confiance. Et cela a marché», confiait le Français le soir de sa victoire avec un score total de 277.
Les pronostics allaient plutôt se porter sur Martin Kaymer, vainqueur de ce tournoi en 2009, et n°3 mondial, sur Miguel Angel Jimenez, tenant du titre, ou Bubba Watson, l’attraction américaine. Ce dernier se montrait d’une totale indélicatesse en critiquant, après avoir largement raté le cut, l’organisation du tournoi et du circuit européen, ce qui lui entraînèrent les critiques de la presse américaine et les excuses gênées de son agent. Le final de ce tournoi fut passionnant et passionné. Au leaderboard, quatre joueurs étaient dans le coup : Levet, Kaymer, l’Anglais Mark Foster, et le tout jeune Danois, Olesen. Après un putt énorme sur le trou n°4 pour le birdie, Thomas Levet sonnait la charge. Toujours aussi performants sur son jeu de fers, il attaquait et prenait la tête au 14. Puis, il sauvait son par sur un putt héroïque au 17 pour conserver sa place de leader. Seul Olesen tenait le rythme, rejoignant même le Français après un birdie au 17.
A ce moment-là, Levet fit jouer son expérience : «J’ai tout fait pour jouer le deuxième coup du 18 avant mon adversaire». Son coup de fer 5 survolait l’eau et se posait plein green. Deux putts pour le par et leader au clubhouse à -7. Olesen, fébrile, manquait un putt de plus d’un mètre pour égaliser. Et Foster encore sur le parcours ne put faire mieux. Thomas Levet venait de gagner son premier Open de France et son sixième titre européen. Se laissant aller à l’euphorie, il sautait avec son agent dans l’obstacle d’eau du 18. Un geste malheureux puisqu’il se fêlait le péroné. Opéré trois jours plus tard, il a dû savourer sa victoire dans un centre de rééducation dans le sud-ouest de la France plutôt que de briller sur les links de l’Open britannique…

Thomas Levet célébre sa victoire en sautant dans l'eau avec son agent


Le Danois Thorbjorn Olesen, classé 2ème

L'Anglais Mark Foster, classé 2ème Ex-acquo
Levet avec des béquilles
Sauter dans l’eau du 18 avec son agent, Patrice Barquez, pour célébrer sa victoire lors de la remise des prix n’a pas été sans conséquence. Mauvaise réception sur le fond bourré de pierres et cheville qui enfle. Quelques heures plus tard, devant l’aggravation de la blessure, direction l’hôpital. Verdict : fêlure du péroné. Pas le temps de savourer la victoire et les avantages qui vont avec. Le mercredi suivant l’Alstom Open de France, Thomas Levet a été opéré avec succès. Les médecins lui ont prescrit entre quatre et six semaines d’arrêt, ce qui signifie qu’il ne pourra pas reprendre la compétition avant fin août, début septembre. Ce qui oblige le Français à déclarer forfait à l’Open britannique pour lequel il s’était qualifié, au WGC Bridgestone Invitational, une des épreuves du championnat du monde et à ne plus demander d’invitation à l’USPGA, le dernier majeur de la saison. Bref, un beau gâchis pour sacrifier à une jeune tradition (elle ne date que de 2004 avec la première victoire du Français Jean-François Remésy) que tout le monde s’accorder à trouver stupide.
Le Maroc en force
Il y avait des invités de marque au Pro am Rolex du mercredi 29 juin, les deux vice-présidents délégués de l’ATH, Maître Mustapha Zine et Mohamed Chaïbi. Tous deux se sont élancés à 14 heures sur le parcours de l’Albatros du Golf National. Le premier du tee n°1 avec le jeune prodige italien, Matteo Manassero, le PDG d’Alstom, Patrick Kron, et Alberto Aleman. Le second avec le jeune espoir français Victor Dubuisson, le footballeur Alain Boghossian, et Yves Benac. Son équipe ayant remporté le Pro-Am avec le score de seize coups sous le par, Mohammed Chaïbi était tout sourire lors de la remise des prix au pavillon Lacoste. Celle de Maître Zine se classait 6e à dix coups sous le par.
Les jours suivant, l’organisation du Trophée Hassan II et de la Coupe Lalla Meryem était à l’Open de France pour une série de rendez-vous avec la PGA European Tour et des sponsors. «Ce fut très constructif», a témoigné Lalla Soumya El Ouazani, directrice générale des événements majeurs du Trophée, accompagnée d’Hafid Sayah, coordinateur du Trophée Hassan II et d’Estelle Richard, coordinatrice de la Coupe Lalla Meryem.

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