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  38èmeTrophée Hassan II
 

HORSEY L'A BIEN MERITE

 

David Horsey a remporté le 38ème Trophée Hassan II en battant le tenant du titre Rhys Davies et le Sud-Africain Jaco Van Zyl au deuxième trou du play off. Une victoire méritée pour l’Anglais qui a multiplié les exploits pour s’imposer.

Pour cette première édition du Trophée Hassan II disputée à Agadir, les pros ont été unanimes pour dire que le Golf du Palais Royal était un très grand parcours, taillé pour les tournois de très haut-niveau. Ses fairways bosselés cernés par les remparts du Palais, ces trous avec l’Océan Atlantique en toile de fond et ses petits-greens bombés ont mis à mal bien des swings. Les pros découvraient aussi le Golf de l’Océan, joué durant les deux premiers tours de l’Alliance. Ce tout nouveau parcours d’Agadir a été jugé encore un peu jeune par les participants. Jeune mais pas si tendre car ce tracé de Belt Collins s’est sacrément bien défendu, malgré les assauts des pros. Et c’est paradoxalement sur le parcours le plus sélectif que Thomas Bjôrn a rendu une carte de 62 (-10) à l’occasion du dernier tour, battant du coup le record du Golf du Palais Royal.
Déjà hôte de l’Open du Maroc à la fin des années 90, le Golf du Palais Royal était resté tel quel, sans modifications, ni reculs exagérés des départs pour contrer les drives toujours plus puissants des pros. C’est à ça que l’on reconnaît le dessin d’un grand architecte. Et Feu Robert Trent Jones Sr, créateur de ce golf royal, en est un. Et même un des plus célèbres, et certainement un des plus prolixes. En tout cas, David Horsey, vainqueur de ce 38e Trophée Hassan II, est sûr de l’avoir apprécié à sa juste mesure. Cet Anglais, trop jeune pour avoir connu l’Open du Maroc, en a fait la découverte heureuse. C’est avec l’insouciance et l’inconscience qui caractérisent la jeunesse que Horsey a attaqué, lors du dernier tour, le trou n°2, un par 3 de 162 m. Un coup de fer 5 magistral pour un trou en un ! Assurément le coup du tournoi, et finalement, le coup du mois pour les fans qui suivent chaque semaine les tournois de la PGA European Tour.

Un jeudi, jour de l’exploit
Cet exploit a été un des tournants du tournoi. Car depuis le jeudi, jour du 1er tour, Rhys Davies s’était mis en tête de conserver son titre, un exploit rarissime dans l’histoire du
Trophée Hassan II. La chance de Rhys Davies était de jouer les deux tours de l’alliance avec Mazamishi Ito, un jeune prodige amateur japonais de 15 ans, qui a déjà le bagage golfique pour joueur chez les pros. «Malgré mon statut de favori, je ne ressens aucune pression», déclarait le Gallois, co-leader au soir du 2e tour avec le Néerlandais Joost Luiten. Au tour suivant, Rhys Davies continuait à croire en sa bonne fortune puisqu’il occupait au départ du 4e tour le fauteuil de leader avec un certain… David Horsey.

Le combat entre David et Davies
Cette journée du samedi donnait le ton à ce qui allait se passer le dimanche. Mais Rhys Davies n’en vit pas l’avertissement. Déjà vainqueur d’un tournoi européen, le BMW International Open, David Horsey est en effet un récidiviste des coups qui tuent. Comme ce magnifique coup de fer 8 sur le trou n°6 du Golf du Palais Royal, le samedi, qui trouva directement le trou pour un eagle. Ou encore cette approche rentrée le même jour pour birdie au 15. L’Anglais venait de donner le ton du dernier tour. Mais en détaillant bien sa partie, on avait vu aussi de petites failles comme au 17 où, le samedi, il lui fallut quatre coups pour parcourir les 20 derniers mètres !


Davies Rhys


Van Zyl Jaco


Goetzee George

PLAY OFF
Deux  play Off décisifs  à trois

Cette capacité à passer du très grand golf à des erreurs causées par la pression se vérifiait le dimanche. Fort de son birdie au 1 et de son trou en un au 2, David Horsey se portait en tête du tournoi et abordait le par 4 du 18 avec un coup d’avance sur Rhys Davies. Et là, d’une manière incompréhensible –seul le golf est capable de tel retournement de situation, Horsey faisait une gratte sur son approche et prenait deux putts pour un double bogey. Rhys Davies avait alors l’occasion de réaliser son rêve et de gagner pour la deuxième fois d’affilée le poignard d’or offert par SAR Le Prince Moulay Rachid. Mais son putt pour la victoire d’1,20 m manquait totalement le trou. Play off à trois car, très discret jusque là, le Sud-africain Jaco Van Zyl s’était lui invité à la fête avec également un score de treize coups sous le par. Il fallut deux trous de play off, deux fois le 18, pour que David Horsey plante le mât sur son deuxième coup pour s’offrir enfin le titre face à la tribune d’honneur. Heureux de remporter ce 38e Trophée Hassan II.

David horsey
Au podium royal SAR le prince Moulay Rachid Remet le sacre du Trophée Hassan II à David Horsey le vainqueur de la 38ème édition du Trophée Hassan II

David Horsey revenait pourtant sur ses malheurs de fin de parcours: «J’ai bien joué durant toute la semaine mais, à la fin, je n’arrivais pas à mettre la balle dans le trou, s’est étonné le vainqueur avant d’ajouter. Ce sont des choses qui arrivent très souvent dans le golf. Et j’avoue qu’au 18, si j’avais été en match play contre Rhys, je lui aurais donné le putt». Heureusement, le tournoi était en stroke play et on sait qu’en golf rien n’est jamais terminé avant que la balle ne repose au fond du trou. D’ailleurs, sur le deuxième trou du play off, David Horsey enquillait en prenant bien son temps ce minuscule birdie de 50 cm pour marquer à jamais sa victoire et inscrire en lettres d’or son nom au palmarès du Trophée Hassan II.

David Horsey en bref :
Passé pro en 2007
1 victoire sur le circuit européen
BMW International Open 2010
Classement Mondial : 112e
Classement européen 2010 : 32e
Depuis son passage chez les pros en 2007, David Horsey n'a pas perdu de temps ! Numéro un du Challenge Tour 2008 grâce notamment à un succès à l'Open de Lyon, le jeune Anglais a décroché l'an dernier son premier titre sur le circuit européen en remportant le BMW International Open, à Munich, devant des clients aussi sérieux que Ross Fisher et Alex Cejka. Une victoire pleine de
promesses.

Serghini et El Hassani
étaient trop justes
Fayçal Serghini avait la tête des mauvais jours en sortant du recording au golf du Palais Royal. Son score de 80 au 2e tour après celui de 75, réussi la veille au Golf de l’Océan, condamnait irrémédiablement le n°1 marocain. « On nous met trop de pression avant de jouer, on nous demande de passer le cut d’un tournoi européen alors que l’on ne joue que des épreuves de l’Atlas Pro Tour! », s’énervait Fayçal qui imaginait un tout autre sort au début de la semaine. Car c’est de haute lutte que Fayçal Serghini avait gagné sa place au Trophée Hassan II, en finissant très fort les dernières épreuves qualificatives de l’Atlas Pro Tour. Et c’est avec application qu’il s’était entraîné au Golf de Mogador, à Essaouira, avec son coach, Benoît Willemart. Mais rien à faire, le putting n’était pas au rendez-vous sur les greens. «Je n’ai pas réussi à mettre un putt durant les deux tours. Cela m’a miné », lâchait Serghini, déçu d’avoir manqué ce rendez-vous avec son public.
Même histoire pour Younès El Hassani, incapable de trouver le bon rythme dans le tournoi. Deux birdies seulement sur 36 trous, ce n’était pas suffisant, surtout que le Tangérois a concédé quatre double bogeys et un triple bogey pour deux scores de 78 et 82. Résultat, au classement final, El Hassani pointait à l’avant dernière place, 118e exactement, à deux longueurs derrière Fayçal Serghini.
Mais nos meilleurs joueurs pouvaient-ils faire mieux ? Pas sûr. Car tous les pros vous le diront, pour bien figurer dans les tournois du tour européen, il faut l’expérience de la compétition à très haut niveau, jouer souvent sur des parcours difficiles aux greens très rapides, et soutenir le rythme de scores très en-dessous du par. Cela passe donc par des tournois en Europe (Alps Tour et Challenge Tour) avant d’attaquer l’European Tour. Fayçal Serghini explique qu’à partir du mois de mai, il n’a plus aucun tournoi à jouer. Tout comme Younès El Hassani. Ils ont donc toutes les raisons d’être un peu juste au Trophée Hassan II.


Fayçal Serghini


Younès El Hassani

SCOTT KELLY,
DIRECTEUR  MARKETING DE LA PGA EUROPEAN TOUR
«  L’ATH a fait un travail impressionnant »

Scott Kelly a découvert le Maroc dans les années 90, lors de l’Open du Maroc, à  Agadir. Les qualités humaines et le sens de l’hospitalité du peuple marocain lui rappellent  son pays, l’Ecosse.  Armé de son perpétuel sourire, ce grand manager de la PGA European Tour a accepté de répondre à nos questions.
Comment se démarque le Trophée Hassan II par rapport aux autres épreuves figurant au calendrier du circuit européen ?
Avec le Trophée Hassan II et la Coupe Lalla Meryem, le Maroc est à mon avis le seul pays à organiser dans la même période et dans la même ville deux tournois de circuits professionnels différents. J’y ajoute pour le Trophée Hassan II la formule en alliance qui mobilise deux parcours. D’ailleurs, cette dernière formule qui associe un amateur à un pro n’est pas courante car sur le circuit européen, seul l’Alfred Dunhill Links Championship, en Ecosse, la pratique. Mais l’alliance a sa part de succès auprès des organisateurs de tournois qui souhaitent ainsi attirer d’illustres personnalités du monde de la culture, des affaires et des médias.
C’est très impressionnant de rassembler  126 proettes du LET et  120  Pros de l’European Tour avec leurs 120 amateurs sur trois golfs différents. C’est une organisation  colossale qui demande une logistique très pointue. L’Association du Trophée Hassan II a démontré ainsi sa capacité à assumer l’organisation de grandes manifestations. Personnellement, je les félicite pour leur professionnalisme  et leur dis :
BRAVO ! 

Comment peut-on mesurer l’impact des retransmissions  télévisées d’un tournoi de l’European Tour et comment cela peut-il développer le tourisme golfique dans le pays ?
Ce n’est pas mesurable, mais on a pu constater les résultats comme, par exemple au Pays de Galles avec la Ryder Cup, à travers l’augmentation du nombre de green-fees et de visiteurs dans le pays. La Turquie, en ce moment, est aussi en train de connaître une expansion très importante grâce au golf. Maintenant, le Trophée Hassan II fait partie d’une chaine d’événements de l’European Tour qui tournent toute l’année autour du globe. C’est  douze mois de couverture et d’audience dont le Maroc fait toujours partie. Actuellement, le pays avec ses 25 parcours de très  bon niveau, sans parler des projets en cours, permet au  touriste golfeur de visiter toutes ses régions en découvrant des golfs magnifiques. De plus, nous savons que les golfeurs sont en général des touristes haut de gamme, ce qui est bénéfique pour le pays.

Et vous, qu’aimez-vous au Maroc ?
Si je prends mon cas personnel, c’est grâce au golf que j’ai découvert le Maroc, un pays que j’adore. Ma femme qui est japonaise trouve également votre pays très séduisant par sa culture, son histoire, ses traditions, son art culinaire, ses monuments, son hospitalité…  Venir au Maroc est un régal pour nous et je suis sûr que les golfeurs viendront de plus en plus nombreux découvrir votre magnifique pays.

Autour des greens
Pascal Vincent, arbitre du Trophée Hassan II
L’incontournable Pascal Vincent a dirigé presque toutes les épreuves professionnelles qui ont eu lieu au Maroc. Avec le Trophée Hassan, II, c’est un bail qui dure plus d’une décennie. Entre son humour sarcastique et sa rigueur pour l’application des règles du golf, Vincent ne badine pas avec le droit du jeu de golf.



Tony Jacklin, invité d’honneur au Trophée Hassan II
Ce champion britannique qui a dirigé l’équipe européenne à la victoire en Ryder Cup venait pour la première fois à Agadir. Il a été stupéfait et agréablement surpris de découvrir la beauté et la magnificence du Golf du Palais Royal.
« Un golf fantastique », se plaisait-il à répéter…

Masamichi Ito (15ans), un prodige qui vient du Japon est le plus jeune amateur à avoir joué l’alliance
C’est sous des applaudissements nourris que le jeune lauréat japonais a escaladé les marches du podium pour recevoir son prix. A cet instant, un sentiment de solidarité s’est manifesté spontanément dans le public envers le peuple japonais qui a souffert du tremblement de terre et du tsunami.

Thomas Levet, ambassadeur du golf français
«Quand il s’agit du Maroc, je ne dis jamais non», aime dire Thomas Levet, sympathique champion de golf français. Perpétuellement souriant, il a animé le clinic pour les jeunes et les amateurs au golf du Soleil, en compagnie d’Anne-Lise Caudal et Tania Elosegui.

 

 

 

 

 

 


Masamichi Ito (15ans), un prodige qui vient du Japon est le plus jeune amateur à avoir joué l’alliance
C’est sous des applaudissements nourris que le jeune lauréat japonais a escaladé les marches du podium pour recevoir son prix. A cet instant, un sentiment de solidarité s’est manifesté spontanément dans le public envers le peuple japonais qui a souffert du tremblement de terre et du tsunami.

 

 

 

 

 

Abdellatif Benazzi mise sur Saïdia
Entre la petite balle et le ballon oval, Abdellatif n’a aucune peine à attaquer. Ce militant du sport en général s’active pour développer le golf et le tourisme à Saïdia, près d’Oujda, où un superbe golf attend impatiemment les passionnés.

 

 

 

 

 

 

 

 

M’hamed Kamili président du Royal Golf d’Inezgane
Son école de golf accueille les jeunes, même des milieux défavorisés. Le golf contre l’oisiveté et le chômage est son crédo. Le Président du Royal Golf d’Inezgane a la fibre sociale. On en a sacrément besoin…