A force de se focaliser sur le sommet du golf mondial, on en oublie souvent la génération montante qui affiche la volonté de bousculer la hiérarchie. Cette attention pour les « top players » était renforcée par l’exceptionnel plateau de l’Omega Dubaï Desert Classic. Avec en têtes d’affiche, un trio dont rêvent aujourd’hui tous les organisateurs de tournois : Lee Westwood, n°1 mondial, Martin Kaymer, n°2 et Tiger Woods, n°3. Pour faire monter encore la pression, les organisateurs les avaient même associés pour les deux premiers tours. Le succès était garanti et la foule au rendez-vous. De quoi faire tourner la tête de notre n°1 national, Younès El Hassani, invité à Dubaï à jouer avec le top du golf européen. Une grande première pour notre numéro un marocain qui n’a pas perdu une miette du spectacle. « Au putting-green, j’étais à quelques mètres de Tiger Woods, c’était impressionnant », raconte le Tangérois qui manqua le cut malgré deux premiers tours fort honorables.
Evidemment, le « focus » était sur Tiger Woods, sans victoire depuis plus de quinze mois ! En conférence de presse, les questions tournaient autour de son nouveau swing. Pour Tiger, le travail effectué depuis des mois avec son nouveau coach, Sean Folley, allait bientôt payer. Sauf que le vent du désert allait un moment du tournoi le déstabiliser.
Après un premier tour en 71, l’ex n°1 mondial affolait les leaderboards avec un 66, meilleur score du 2e tour. Pas de quoi inquiéter la jeune star nord-irlandaise, Rory McIlroy, bien décidé à conserver son titre. Après trois tours, le leaderboard ressemblait à la Cheikh Zayed Road, cette longue artère qui traverse la ville de Dubaï. Embouteillé à l’extrême. Neuf joueurs se tenaient en deux coups. De Rory McIlroy à Tiger Woods, impossible de prévoir qui allait s’imposer le dimanche après-midi. Très vite, Tiger Woods, mal à l’aise avec son swing dans les bourrasques, lâchait deux bogeys dans les deux premiers trous. Ses espoirs de victoire s’envolaient, tout comme ceux de Sergio Garcia, renvoyé à ses doutes après son triple bogey au 9. Alvaro Quiros, un des plus longs frappeurs du circuit européen, crut suivre la trace de son compatriote quand, après avoir occupé la tête, il lâchait trois coups pour un triple bogey sur le par 4 du 8e trou. Mais un exploit rarissime à ce moment du tournoi le remettait sur les rails de la victoire. Au 11, un par 3, l’Espagnol tapait un coup de wedge qui tombait sur le green et roulait directement dans le trou. Trou en un ! Ce coup de chance ou coup de grâce, Alvaro Quiros tenait cette fois le trophée à bout de clubs. Pour boucler les derniers trous, il ne donnait plus dans la fantaisie mais dans l’application. Surtout que son bras le faisait souffrir et qu’il dut même recevoir un traitement en dehors du fairway lors de ce dernier tour. Sa victoire avec un coup d’avance sur le Danois Anders Hansen et le Sud-Africain James Kingston ne souffrait donc aucune contestation. Alvaro Quiros, vainqueur d’un tournoi chaque saison depuis 2007, avait bouclé sa tournée du Golfe de la plus belle des manières : 23e à l’Abu Dhabi Championship, puis deux tops 10 à Barhein et au Qatar pour finir par une victoire à Dubaï. En grimpant à la 21e place du classement mondial, Alvaro Quiros est aujourd’hui le meilleur joueur espagnol au monde. Et comme il n’a que 28 ans, on n’a pas fini d’entendre parler de lui.
Trous en un en série
Quatre trous en un ont été enregistrés lors de cet Omega Dubaï Desert Classic. Le premier a été réalisé au premier tour par David Howell sur le trou n°7, un par 3 de 170 m. Pour cet exploit, l’Anglais fut récompensé d’un voyage en 1e classe sur la compagnie Emirates. Le deuxième est à l’actif du Sud-Africain Keith Horne sur le trou n°4, lors du 2e tour. Le troisième, pour Raphaël Jacquelin, sur le trou n°7, lors du 3e tour. Le quatrième fut le plus important car il permit à Alvaro Quiros de reprendre la tête du dernier tour. Sur le trou n°11, un par 3 de 147 m, l’Espagnol a tapé un coup de fer parfait.
«Je reconnaîs que ce trou en un est un des moments les plus excitants de ma carrière. C’est comme la dernière part d’un gâteau d’anniversaire», s’est réjoui le vainqueur.
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