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Dernier tour majeur de la saison, l’USPGA a confirmé la tendance 2010 : les Américains ne sont plus maîtres chez eux. Depuis, la fin du mois d’avril, les non-américains font main basse sur les tournois aux Etats-Unis. Une razzia qui profite surtout aux Européens. Après les succès de Rory McIlroy, Lee Westwood, Justin Rose sur le PGA Tour, c’est l’Irlandais du Nord Graeme McDowell qui s’emparait à la mi-juin de l’US Open, premier vainqueur européen depuis 1970. Aussi la victoire de Martin Kaymer, 25 ans, à l’USPGA n’est donc pas une surprise.
C’est à Whistling Straits, sur les rivages du lac Michigan, que s’est déroulé cet USPGA, une épreuve créée en 1916. Propriété d’Herb Kohler, le magnat du sanitaire outre-Atlantique, le parcours de Whistling Straits a une particularité unique au monde. Pete Dye, son architecte, a placé près de mille bunkers sur 18 trous ! On ne connaît d’ailleurs pas le chiffre exact. Evidemment, la grande majorité d’entre eux ne sont pas en jeu mais ce sont des bunkers tout de même. Un détail qui aura toute son importance dans le déroulement de la compétition. Pour prévenir tout manquement aux règles, l’arbitre en chef avait d’ailleurs placardé sur chaque porte de vestiaire personnel les règles locales : « Tous les obstacles remplis de sable, même « outside the ropes » sont des bunkers ». Des règles locales que peu de joueurs ont lues, comme l’a rappelé plus tard le leader du 3e tour, Nick Watney.
Mais au départ de ce majeur, ce ne sont pas les bunkers qui font la une de l’actualité. C’est plutôt la perspective pour Phil Mickelson de rafler à Tiger Woods sa place de n°1 mondial. Mais une nouvelle fois encore, le gaucher laisse passer sa chance. Ce n’est que partie remise pour Mickelson qui bute depuis des mois sur ce dernier obstacle. Tour après tour, ce sont les rookies qui font le spectacle. Comme à l’Open britannique, un mois plus tôt. A l’approche du dénouement, tous les prétendants au titre n’ont aucun majeur au palmarès. Ni l’Irlandais du Nord Rory McIlroy, ni les Américains Jason Dufner, Bubba Watson, Dustin Johnson, ni l’Allemand Martin Kaymer.
C’est d’abord Bubba Watson, le gaucher à la puissance phénoménale, vainqueur de son premier tournoi deux mois plus tôt qui devient leader au club house grâce à un dernier tour en 68 et un score total de 277. Imité quelques instants plus tard par Martin Kaymer, auteur d’un incroyable putt de 5 m sous pression pour le par. Reste un seul adversaire sur le parcours, Dustin Johnson. Leader en juin dernier du dernier tour de l’US open avant de s’effondrer, l’Américain a son destin en main. Le par pour gagner ou le bogey pour partir en play off. Après un drive égaré à droite, Dustin Johnson retrouve sa balle dans le sable piétiné par les milliers de spectateurs. C’est un de ces fameux bunkers… Il se recentre, troisième coup, deux putts, bogey. Dustin Johnson se rend au « recording » pour valider sa carte de score. Là, à sa stupeur, il apprend de l’arbitre en chef qu’il a posé le club dans le sable avant de jouer et qu’il doit se compter deux coups de pénalité ! Sur les télévisions du monde entier passent en boucle les images de l’infraction. En regardant les images, Dustin Johnson réalise son erreur de débutant et se rajoute deux coups de pénalité. De vainqueur potentiel, l’Américain termine 5e de l’USPGA. Cruel destin.
Sur le tee de départ du 16 (le play off de l’USPGA se joue sur trois trous en medal play), Bubba Watson et Martin Kaymer ont une victoire majeure au bout de leurs clubs. Birdie au premier trou pour Watson, birdie au 2e pour Kaymer. Egalité parfaite. Mais au 2e coup du 18, Bubba Watson met sa balle dans l’eau. Avec calme et détermination, l’Allemand joue la sécurité, accroche un bout du green et se contente de trois putts pour remporter son premier majeur et 6e titre de sa carrière. Il est après Bernhard Langer, le 2e Allemand à rempoter un tournoi du grand chelem. Aujourd’hui, ce jeune homme très discret mais à la passion dévorante pour la vitesse est désormais dans le top 10 mondial. Il pourrait donc très vite se mêler, lui aussi, à la chasse à Tiger Woods.
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