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US Open
McDowell redonne des couleurs à l’Europe

   
 

Enfin. Cela faisait quarante ans que les Européens attendaient ça. Quarante ans qu’ils se battaient pour remporter l’US Open, deuxième levée du grand chelem de la saison. Depuis Tony Jacklin en 1970, les occasions n’ont pourtant pas manqué. Ces dix dernières années, par exemple, les Européens ont placé huit joueurs dans le top 5. La meilleure chance du XXIème siècle étant à l’actif de Colin Montgomerie qui avait ce titre suprême au bout du driver en 2006. Déjà à Pebble Beach (Californie), à l’US Open 1992, l’Ecossais avait tutoyé la victoire au point que Jack Nicklaus, pas très perspicace sur ce coup là, l’avait félicité avant l’heure pour sa brillante victoire !
Mais comme le soulignait plus tard le Français Grégory Havret, un des grands héros de l’édition 2010, le 18 trous de Pebble Beach construit sur les falaises surplombant l’océan Pacifique avait tous les ingrédients pour faire triompher un Européen. Le tracé de style links, la température assez basse et un léger vent auquel les joueurs du Tour européen sont habitués. Le Français ne s’est pas trompé.
C’est d’abord l’Anglais Paul Casey qui prenait la tête du 1e tour avant que l’Irlandais du Nord Graeme McDowell ne la lui ravisse au 2e tour. Mais c’était sans compter sur Tiger Woods, dans son jardin à Pebble Beach. En 2000, lors du dernier US Open dans ce golf considéré comme le n°1 aux Etats-Unis, il avait écrasé la concurrence en remportant ce majeur avec quinze coups d’avance ! Un record. Malgré son année perturbée par ses scandales conjugaux et la séparation avec son coach, Hank Haney, Tiger sait se montrer dangereux dans les tournois du grand chelem. Comme au 3e tour où son 66 le propulsait en tête au club-house, avec sur ses talons, Phil Mickelson et Ernie Els. Mais devant, Grégory Havret et l’Irlandais du Nord Graeme McDowell continuaient à y croire. Ils étaient seulement contrariés par l’Américain Dustin Johnson, très à l’aise à Pebble Beach puisqu’il y remporta deux Pebble Beach National Pro-am, une grosse épreuve du PGA Tour.
Lors du dernier tour, Dustin Johnson n’arriva pourtant pas à tenir la cadence, un triple bogey dans les premiers trous scellant ses espoirs. La routé était alors grande ouverte pour les Européens car Tiger Woods, Phil Mickeleson et Ernie Els faisant du surplace. Pourtant peu habitué à ce genre pression, Grégory Havret se montra admirable de courage et de lucidité. Car bien qu’il partageait la partie de Tiger Woods et qu’il fut suivi par une foule énorme, il joua un golf parfait, sans commettre aucune erreur. Car à l’US Open, un bogey sur un trou n’est pas un mauvais score et celui concédé au 17 ne fut pas un mauvais score. Son seul regret est de ne pas avoir enquillé ce birdie de 3 m au 18 qui aurait pu changer toute sa vie. Dans la dernière partie, Graeme McDowell sut alors qu’il avait le par au 18, un par 5, pour gagner. Après son drive, il changea alors ses plans pour jouer la sécurité. Celui qui fut le meilleur amateur à l’époque où il était à l’université aux Etats-Unis, effaçant nombre de records de Tiger Woods,  remportait son premier majeur et sa deuxième victoire d’affilée (il s’était imposé à l’Open du Pays de Galles, quinze jours plus tôt).
Le  deuxième vainqueur fut le parcours. Car comme souvent à l’US Open, aucun joueur ne battit le parcours sur quatre tours, Graeme McDowell ayant terminé dans le par et Grégory Havret à +1.

Et le troisième vainqueur fut l’Europe qui, quarante ans après Tony Jacklin, tenait enfin sa victoire dans l’open américain.