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Ricoh Women’s British Open

Yani Tseng a tenu bon
 
 

Bien qu’elle soit retraitée du circuit féminin, Annika Sörenstam exerce toujours une autorité morale sur les proettes. Ainsi quand Yani Tseng a reçu un texto de la championne suédoise, elle a sauté de joie. Le texte court a renforcé la détermination de la championne taiwannaise en tête depuis le premier tour : « Je suis très heureuse de te voir au top. C’est là ta place. Laisse parler ton talent et tout se passera bien ».
La jeune asiatique qui avait fêtée ses 21 ans à la veille du premier tour a décidé de ne pas décevoir son idole et de lui prouver qu’elle avait raison.

Malgré sa domination au Royal Birkdale, Tseng qui avait, par exemple, conclu son premier tour sans aucun bogey, n’était pourtant pas rassurée. En quatre occasions, elle avait mené un tournoi avant le dernier tour et, à chaque fois, elle l’avait perdu. Même ses quatre coups d’avance sur l’Australienne Katherine Hull ne lui semblaient pas suffisants pour résister à la pression. Ce fut vérifié dès le début du dernier tour. Après quatre trous, Tseng n’avait déjà plus qu’un coup d’avance ! « Laisse parler ton talent », lui avait écrit Sörenstam. Alors la Taiwannaise se secoua et réussit un birdie au 6. Puis elle reprit sa marche triomphale avant de trébucher une nouvelle fois quand sa rivale enquilla deux birdies au 11 et au 13. « J’étais fatiguée à cause de toute la tension, toute la pression, expliqua la leader. J’essayais juste de rester concentrée car Katherine me poussait dans mes retranchements. Ce fut une journée très dure à vivre ».
Un coup d’avance avec cinq trous à jouer, le suspense était garanti. Surtout que les championnes se rendaient coup pour coup. Les trous défilaient et l’avance restait bloquée à un coup. Au 17, Katherine Hull manqua un putt de 6 m pour le birdie qui aurait remis les deux joueuses à égalité. Restait le 18 du Royal Birkdale, un par 5 pour les proettes. Tseng trouva un bunker de fairway avec son drive. Comme toujours sur les links, le seul coup possible dans ces « pot bunkers » est le recentrage tant ces obstacles sont profonds. Tandis qu’il restait à Tseng un troisième coup à 130 m du drapeau, Katherine Hull n’avait plus qu’un chip à faire pour s’assurer une chance de birdie. Le sort du tournoi reposait donc sur les épaules de l’Australienne qui, après un chip moyen, avait un putt de 4,5 m pour aller en play off. Mais sa balle glissait sur le côté gauche du trou. Manqué. Yani Tseng se rappelait alors les paroles d’Annika Sörenstam, « C’est là ta place », et enquillait son par pour la victoire. Pour son deuxième triomphe majeur de la saison après son succès en avril au Nabsico Championship et le troisième de sa jeune carrière. « Ce fut la victoire la plus dure de ma vie. Je n’avais jamais réussi à garder la tête jusqu’au bout. Cela veut dire que je sais maintenant que je peux le faire ». Annika Söresntam pouvait être fière de sa protégée.
La joie de l'australienne Catherine Hull avec son caddy après un eagle