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Open Britannique
Oosthuizen déjoue les pronostics


   
 

Si, à l’aube du 137e Open britannique, la grande majorité des Ecossais ignoraient tout de Louis Oosthuizen, les Marocains et plus spécialement les Rabatis connaissaient tout de ce jeune Sud-Africain. Quelques mois plus tôt, Oosthuizen avait animé le Trophée Hassan II, au Royal Dar es Salam, menant le tournoi au départ du dernier tour, avant de céder la victoire pour deux coups au Gallois Rhys Davies. Le Sud-Africain s’était rattrapé la semaine suivante en remportant l’Open d’Andalousie, lui ouvrant toutes grandes les portes du Masters d’Augusta. Avec juste une victoire sur le circuit européen à son palmarès, Louis Oosthuizen n’avait donc pas les faveurs des pronostics. St Andrews et son Old Course plusieurs fois centenaire, a de plus le pouvoir d’intimider les rookies. Depuis 1964, en effet, tous les vainqueurs du British sur l’Old Course avaient déjà remporté un titre majeur. Louis Oosthuizen était donc statistiquement hors jeu.

Le British a 150 ans !
C’est évidemment Tiger Woods qui était grandissime favori. Le n°1 mondial avait remporté les deux dernières éditions à St Andrews, en 2000 et 2005, et tous attendaient le triplé historique. Car cette édition, outre qu’elle se déroulait dans the « home of golf », était celle du 150e anniversaire, la premier Open ayant eu lieu en 1860, à Prestwick. Pour l’occasion, le Royal & Ancient avait fait fabriquer une ceinture de cuir marocain, reproduction de la récompense offerte au vainqueur jusqu’en 1870. Conservée par Tom Morris Jr après ses trois titres consécutifs (1868,1869 et 1870), la ceinture fut remplacée par l’aiguière d’argent que brandit encore aujourd’hui le vainqueur.


Le miracle Oosthuizen
Au premier tour, le protégé du grand Ernie Els pointait à la 2e place dans l’ombre de Rory McIlroy, le jeune prodige d’Irlande du Nord, qui venait de battre le parcours de l’Old Course avec une incroyable carte de 63. Tous les journalistes se focalisaient sur McIlroy, déchargeant Oosthuizen des contraintes médiatiques.
Le lendemain, le ciel se chargeait, le vent se levait, les grosses averses approchaient du Fife of Forth. Parti à la meilleure heure, Louis Oosthuizen passait entre les bourrasques pour ramener une excellente carte de 67. L’après-midi, les champions perdaient leurs swings dans les rafales. Rory McIlroy revenait la tête basse, avec un 80, Phil Mickelson bredouillait son golf, Ernie Els ne passait pas le cut et Tiger Woods bafouillait son putting. Le soir, Louis Oosthuizen comptait cinq coups d’avance. Cela commençait à devenir sérieux.
Surtout qu’encouragé par Ernie Els et Gary Player qui l’appelaient au téléphone pour lui donner leur secret de champions, Louis Oosthuizen, surnommé Shrek pour ses dents du bonheur et ses oreilles décollées, continuait sa marche en avant sans montrer aucune fébrilité. Leader avec quatre coups sur Paul Casey, ce jeune père d’une petite fille n’était plus qu’à 18 trous du bonheur.
Tiger Woods tentait bien une remontée dans ce dernier tour. Birdie au 1, puis birdie au 3, mais… triple bogey au 4. Fini pour Woods. Paul Casey s’accrochait, revenait à trois coups puis sombrait dans les buissons épineux du 12, un court par 4.  L’Anglais ressortait du trou avec un triple bogey contre un birdie à son adversaire. Cette fois, Louis Oosthuizen comptait huit coups d’avance. Il n’avait plus qu’à gérer, ce qu’il fit à merveille, veillant à éviter tous les bunkers du parcours, et concédant juste un bogey au 17. Après le drive du 18, Louis Oosthuizen pouvait se congratuler avec son caddy. Avec sept coups d’avance, le tournoi était dans la poche. « Je ne pouvais quand même prendre dix putts au 18 », s’amusait le vainqueur, quatrième sud-africain, après Bobby Locke, Gary Player et Ernie Els à s’imposer dans le British Open. Et dans le crépuscule de St Andrews, on n’entendit aucun son de vuvuzelas…