| |
Charl Schwartzel au finish
Le Sud-Africain Charl Schwartzel a remporté son premier majeur en concluant le tournoi par quatre birdies. C’est la marque d’un grand champion. Et, une nouvelle fois, Tiger Woods a fait le spectacle.
La 75ème édition du Masters était placée sous le signe de la jeunesse. Tous les prodiges du golf mondial étaient rassemblés à Augusta, en Georgie. Un seul manquait à l’appel, Matteo Manessero qui sera certainement présent à l’édition 2012. D’ailleurs, la semaine suivant le Masters, l’Italien remportait l’Open de Malaisie, s’offrant ainsi un très beau cadeau d’anniversaire pour ses 18 ans. Si la plupart faisaient leur première apparition dans ce premier tournoi du grand chelem de la saison, d’autres accusaient déjà une ou deux participations. Cela semblait peu compte tenu de l’expérience indispensable pour venir à bout de ce parcours, construit il y a plus de 70 ans dans une pépinière de Georgie, propriété alors d’un Belge, immigré aux Etats-Unis. Mais il y a des exceptions. Comme Tiger Woods qui, en 1997, remportait sa première veste verte à sa première participation comme pro (mais il avait déjà joué le Masters deux fois comme amateur).
Malgré une tempête qui déracina deux jours avant le premier tour un des magnifiques magnolias qui bordent l’allée menant au clubhouse, le 75e Masters se déroula dans des conditions idéales. Soleil quatre jours durant, petite brise gênante dans les trous de l’Amen Corner, et températures très agréables. Tout était donc réuni pour le spectacle, et du spectacle, il y en a eu. Au-delà même de ce que l’on pouvait attendre. Grâce notamment à la jeune génération attaquant le parcours sans la prudence préconisée par leurs aînés.
De Roy McIlroy 21 ans à Rickie Fowler, 22 ans, de Jason Day, 23 ans à l’amateur japonais Hideki Matsuyama, 21 ans, de Charl Schwartzel, 26 ans à Ryo Ishikawa, 19 ans, tous ont un moment ou un autre fait vibrer les 30 000 spectateurs quotidiens ou affoler le leadeboard.
Parmi ces «kids» du circuit mondial, Tiger Woods prenait des allures de grand frère. L’ex n°1 mondial se rappelait comment, lui aussi, il avait pris Augusta National à «la hussarde» pour établir le record de 18 coups sous le par après quatre tours, un record qui n’est pas prêt d’être battu. A l’époque, Tiger ne s’était pas posé de questions, il avait frappé fort ses drives pour se rendre les pars 4 et les pars 5 plus faciles. Leader dès le premier tour, Rory McIlroy, en pleine confiance, appliqua cette recette. Avec ses 280 m de moyenne au drive, le stratagème faillit marcher jusqu’au bout. Sauf qu’un drive manqué, un seul, enraya la belle mécanique nord-irlandaise. Co-leader au départ du 10, Rory McIlroy driva dans un arbre et sa balle ricocha dans les pavillons construits à gauche du fairway. A un endroit où personne n’a certainement jamais joué une balle de toute l’histoire d’Augusta. A ce moment précis, le swing du résident de Holywood (à ne pas confondre avec le célèbre Hollywood) se brisa. Triple bogey sur le 10, bogey sur le 11, double bogey sur le 12, score de 80 pour finir. En l’espace de trois trous, McIlroy s’était mis hors course.
C’est alors que Tiger Woods entra en scène. Après 9 premiers trous électriques (passage en 31 (-5) grâce notamment un eagle au 8, Woods avait repris les sept coups de retard qui le séparait du leader. Mais tout d’un coup, il perdit son toucher de balle sur les greens de l’Amen Corner, manquant une belle occasion d’eagle sur le 15. Les putts ne tombaient plus. Ce fut alors au tour de Jason Day et Adam Scott de sonner la charge et de prendre les commandes du tournoi à 12 coups sous le par.
Mais c’était sans compter sur l’incroyable dernier tour de Charl Schwartzel. Approche rentrée pour birdie au 1, eagle au 3 en rentrant son coup de wedge à plus de 100 m du drapeau, puis quatre birdies dans les quatre derniers trous pour boucler la journée en 66 (meilleur score du jour) et gagner son premier majeur avec deux coups d’avance. Personne n’avait jamais réussi quatre birdies entre le 15 et le 18 pour s’imposer. A 26 ans, le Sud-Africain, fils d’un éleveur de poulets, un moment reconverti en professionnel de golf, est devenu le troisième sud-africain après Gary Player et Trevor Immelman à remporter le Masters. « Ce fut une journée extraordinaire, il y avait des clameurs du public partout sur le parcours, c’était génial », s’est réjoui le vainqueur, veste verte sur le dos.
Cette édition du Masters confirme une fois de plus la santé du circuit européen. Pour la première fois de l’histoire, les quatre derniers majeurs ont été remportés par des membres de la PGA European Tour (Graeme McDowell à l’US Open, Louis Oosthuizen à l’Open britannique, Martin Kaymer à l’USPGA et Charl Schwartzel au Masters). Le golf américain est donc en perte de vitesse. Il serait important qu’il se ressaisisse. Réponse à l’US Open à la mi-juin, au Congressional, à Washington.

Phil Mickelson endossant la veste verte au vainqueur Charl Schwartzel

Tiger Woods après son eagle au trou N° 8

L'Australien Jason Day classé 2ème

L'Australien Adam Scott classé 2ème ex aequo
|