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Alstom Open de France
Jimenez au finish


Pour l’avenir du golf français, cette édition 2010 de l’Alstom Open de France était d’une importance capitale. C’était la dernière occasion de séduire les membres du Ryder Cup Committee de la PGA European Tour avant l’attribution en avril prochain de la Ryder Cup 2018.

   
 

Jimenez...La classe
Le dimanche, jour du dénouement du tournoi, les membres éminents du comité de sélection étaient d’ailleurs invités à déjeuner sous la tente de la Fédération Française de Golf pour une ultime opération de séduction.
Et ils furent séduits. Sous un chaud soleil d’été, le Golf National, à une trentaine de kilomètres de Paris, était magnifique. La météo plus que parfaite des derniers jours avait permis de préparer le terrain à la perfection et de l’avis des joueurs présents, le parcours de l’Albatros, fleuron du Golf National, était sans contestation un des meilleurs du circuit européen.
Hasard ou circonstance, le plateau des joueurs n’avait jamais été d’une aussi bonne qualité. On comptait au départ du jeudi matin, dix-huit joueurs du top 50 mondial. Et même quatre du top 10 mondial : Lee Westwood, Rory McIlroy, Ian Poulter et Luke Donald. On n’avait plus connu ça à Paris depuis le Trophée Lancôme, il y a quelques années déjà. Et bien que la dotation ait été baissée de 25 %, crise oblige, passant de 4 millions d’euros à 3 millions d’euros, les champions du circuit européen avaient tenu à inscrire Paris à leur calendrier. Sorte de plébiscite à la candidature française à la Ryder Cup.
C’est d’ailleurs un de ses piliers qui s’est imposé à l’arrachée. On ne présente plus Miguel Angel Jimenez, un des plus attachants champions du Vieux continent. Haut en couleurs, ce natif de Malaga, au sud de l’Espagne, est reconnaissable entre tous. Petite queue de cheval contraignant une chevelure frisottante, paire de Nebuloni bicolore aux pieds, chaussures de grand luxe fabriquées par un bottier italien, et éternel cigare aux lèvres, cet Espagnol est aussi un passionné de belles voitures, notamment des Ferrari, qui lui vaut le surnom de « Mechanic ».

Déjà multiple vainqueur sur le circuit (il a d’ailleurs remporté le Dubaï Desert Classic en début d’année), Miguel Angel Jimenez sait gagner les tournois avec panache. Et ses 46 ans lui confèrent une expérience des grands événements. Placé dans l’avant-dernière partie du dernier tour, l’Hidalgo s’est montré patient dans les 9 premiers trous avant de placer un irrésistible coup d’accélérateur sur les trous du retour : birdies au 11, 12, 13, 14 et 16. Au départ du 18, Miguel Angel Jimenez comptait deux coups d’avance.
Cela semblait gagné d’avance. Sauf que le fait de devenir le plus vieux vainqueur de l’Open de France tétanisa son swing au deuxième coup quand il fallut attaquer le green en île au fer 8. Un coup de fer gratté qui termina dans l’eau pour un double bogey. « Je suis un humain. J’ai fait une belle erreur en grattant mon coup de fer. C’est comme si j’avais perdu mon rythme », admit plus tard l’Espagnol.
Il fallut donc un play off pour départager trois hommes : Jimenez, l’Italien Francesco Molinari et le jeune Alejandro Canizares, fils d’un autre grand champion espagnol. Un seul trou suffit au quadra de Malaga pour renvoyer la jeune génération sur la deuxième marche du podium. « Dans ce genre de situation, l’expérience est primordiale », conclut le vainqueur qui n’en manque pas, l’Alstom Open de France étant sa 17e victoire sur le circuit européen et sa 20e dans le monde.

   
                            

          A.Canizares                                  F.Molinari                                   G.Bourdy